Dieu intervient-il dans l’histoire?

Voici en video le cours n°3 : « Dieu intervient-il dans l’histoire ? » de a série « Troubles dans la Torah – Cinq problèmes philosophiques ».  Centre Communautaire de Paris.

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Cours video : « Le judaïsme et la question des dogmes »

Voici en video le cours : « Le Judaïsme et la question des dogmes » qui s’inscrit dans une série de 5 cours dispensés au Centre Communautaire de Paris et intitulée « Troubles dans la Torah – Cinq problèmes philosophiques ».

Le prochain cours « Sommes-nous vraiment libres? »  se déroulera  jeudi 18 février 2016 de 19h00 à 20h30 au Centre Communautaire de Paris.

119 rue Lafayette  – 75010 Paris

Éloge de l’identité

Tribune publiée le 12/01/2016 dans le Huffington Post.

Le nouveau mantra anti-identitaire

Haro sur l’identité ! Tel est le nouveau mantra des médias. C’est Yann Moix, qui fustige notre timidité : que ne sommes-nous pas capables de souhaiter que la France ne devienne un pays musulman dans 20 ans ? Ou c’est Christine Angot qui, de bon matin sur France Inter, apporte sa pierre au nouvel édifice anti-identitaire: « [vouloir rester] Musulmans, arabes, juifs? Comme ça, on n’y arrivera pas », « Il faut se libérer de notre identité », « Une fois qu’on a jeté tout cela à la poubelle… »

Le nouvel impératif de l’émancipation cherchait des symboles à brûler sur l’autel de la modernité? Ce sera l’identité. Disparaissez, sujets imprégnés d’histoire, vous qui pensiez que le legs de mémoire reçu de vos prédécesseurs dessinait une identité collective! L’individu post-moderne est en quête insatiable de son auto-création. Il ne saurait admettre de prédécesseur: hériter est une faute, tenir à son identité un crime.

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Prenez date : mardi 22 mars 2016

Le mardi 22 mars 2016, la mairie de Paris accueillera « les Voix de la Paix ».

En réponse aux événements de janvier et du 13 novembre 2015, les religions et les spiritualités souhaitent s’unir pour réaffirmer le cadre de la laïcité et oeuvrer pour le vivre ensemble.

Inscrivez-vous vite sur www.lesvoixdelapaix.fr !

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Pourquoi « Les Voix de la Paix »?

Les blessures laissées par les événements de janvier et du 13 novembre 2015 résonnent avec les fractures grandissantes de la société française. Il est de notre devoir à tous de prendre la parole pour progresser vers plus de paix, plus de cohésion et plus de fraternité.
En France pourtant, la parole religieuse revêt une dimension particulière. Elle est soupçonnée autant qu’attendue, rejetée et amplifiée. Elle est souvent au cœur de crispations identitaires.
Il nous faut parler pour faire reculer le silence et l’obscurité. Il nous appartient d’inverser la spirale de la méfiance et du repli, pour recréer les conditions de la fraternité et d’une pluralité apaisée.
Le mardi 22 mars 2016, de hauts dignitaires religieux, des intellectuels, des militants, des agnostiques se réuniront pour affirmer d’une même voix qu’ils sont avant tout français et républicains.
Contre toutes les idées reçues, ils proclameront ensemble que la laïcité constitue leur seul cadre de pensée, de pratique et de référence.
Contre tous les préjugés, ils chercheront ensemble comment les religions et leur spiritualité peuvent être plus créatives et plus enrichis- santes pour retisser le lien social.
Sans faux-semblants, ils évoqueront les défis et les promesses de la spiritualité dans la République. Ensemble, à hauteur d’hommes.
Ils seront « les Voix de la Paix ».

Les 3 temps du déroulement de l’événement

• 16h – 18h30 Le temps de la réflexion et du colloque autour de 2 tables rondes.

En présence de Leili Anvar, Jean Baubérot, Marie-Stella Boussemart, Charles Conte, Antoine Guggenheim, Delphine Horvilleur, Daniel Keller, Haïm Korsia, Jean-Paul Morley et Tareq Oubrou

• 18h30 – 19h15 Le temps du politique avec remise officielle du prix « Les Voix de la Paix »

En présence de Madame la Maire de Paris et d’autres personnalités

• 19h15 – 20h15 Le temps de la création avec une cérémonie musicale inter-convictionnelle

 

Pour nous contacter  : lesvoixdelapaix@gmail.com ou au 01 44 37 48 48

Pour suivre l’actualité « Les Voix de la Paix » et vous inscrire à l’événement, rendez-vous sur notre page Facebook et notre fil Twitter. @LesVoixdelaPaix

« LA CULTURE AU CŒUR DU JUDAÏSME – ET DE SES CONTROVERSES »

>>> Intégralité du texte ici <<<

Poser la question des relations entre le judaïsme et la culture en général à un rabbin libéral est une démarche particulièrement pertinente, en ce que l’acceptation d’une certaine porosité entre les deux pôles est précisément un facteur discriminant de la sensibilité libérale avec les autres courants du judaïsme.

Après avoir précisé ce point – et ainsi précisé d’où je parle – je retracerai les différentes figures et modèles d’une « culture duelle » imaginés par la tradition juive, jusqu’à la situation de modernité, qui de ce point de vue propose un dilemme inouï à un judaïsme jusqu’alors exclusivement arrimé à la centralité de la Loi.

Mon propos final cherchera à exprimer toute l’acuité de ce prisme culturel dans l’analyse de certains problèmes actuels, hâtivement nommés « inter-communautaires » — où les lignes de clivages ne passent pas nécessairement là où on les attend…

>>> Intégralité du texte ici <<<

Conférences de l’année 5776 « TROUBLE DANS LA TORAH – CINQ PROBLÈMES PHILOSOPHIQUES »

Dates et programmes des cours qui dispensés durant l’année 2015 / 2016 au Communautaire de Paris.

■ Dates des cours :

1er cours — Jeudi 26 novembre 2015, de 19h00 à 20h30 : « La Bible est-elle un mythe ? Récit biblique, mythe et histoire. »

2ème cours — Jeudi 17 décembre 2015, de 19h00 à 20h30 : « Faut-il croire en quelque chose pour être juif ? Le judaïsme et la question des dogmes. » 

3ème cours — Jeudi 21 janvier 2016, de 19h00 à 20h30 : « Dieu intervient-il dans l’histoire ? Comment le mal est-il possible ? »

4ème cours : Jeudi 18 février 2016, de 19h00 à 20h30 : « Sommes-nous vraiment libres ? Le problème du libre-arbitre et de l’omniscience divine. »

5ème cours — Jeudi 31 mars 2016, de 19h00 à 20h30 : « La laïcité doit-elle évoluer ? La vision du judaïsme vis-à-vis de l’Etat. »

 

■ Présentation générale :

Si la Loi et la Raison sont généralement considérées comme les deux marqueurs d’une différence de civilisation entre Athènes à Jérusalem, il n’empêche que les grandes questions de l’existence humaine ont été pensées à charge égale sous les deux latitudes. Qu’elles se livrent sous la forme de « problèmes philosophiques » bien délimités dans la tradition de pensée grecque, ou soient organiquement reliées à des considérations pratiques, légales et identitaires dans la tradition juive, ces questions ont pour vocation, non d’être résolues, mais constamment renouvelées par la sollicitude et le langage propre à chaque génération.

Ces réflexions peuvent être de nature métaphysique, éthique, épistémologique ; qu’elles en portent le nom ou pas, leur grandeur tient à la façon dont elles nous parlent encore aujourd’hui.

Une chose est certaine. D’une part, la pensée talmudique a profondément été reformulée, à l’orée des temps médiévaux, par Saadia Gaon (882-942) qui, en instaurant le vocabulaire d’une « philosophie juive », a pavé le chemin d’une prestigieuse galerie de « philosophes juifs » — Maïmonide en étant le parangon. D’autre part, la pensée juive, du fait de sa constante prise d’information aux sources de la Torah, a constamment proposé sur ces questions universelles une réflexion irréductiblement originale, dont la pertinence nous interpelle encore aujourd’hui.

Nous abreuver à ces sources, en ressentir la vigueur à travers les cinq problèmes philosophiques proposés, tel sera notre unique objectif et, nous l’espérons, notre joie commune !

 

■ 1er cours (jeudi 26 novembre 2015) – « La Bible est-elle un mythe ? Récit biblique, mythe et histoire. »

La Bible, affirme Levinas, est le livre des « choses premières » : les choses du monde, et celles d’avant le monde. Lorsqu’il s’agit du lointain passé, ou d’événements à valeur de fondement, notre culture occidentale reste marquée par les deux approches qui l’ont fécondée : la temporalité « éternelle » du mythe, dont se serait distanciée la Raison pour devenir philosophie… Et puis, le « commencement », le « récit » instauré par la Bible.

Nous savons que la Bible a été influencée par certains mythes externes, Babel, le déluge ; nous savons qu’elle les a retravaillés avec l’idée monothéiste en tête. Mais précisément : là où le cœur du mythe consiste à célébrer l’union éternelle du monde et du langage, de l’homme et de la nature, les séparations instaurées par la Création biblique, le fait que Dieu parle, puis crée le monde, puis le juge : n’est-ce point-là le coup d’envoi-t-il d’une pensée diamétralement opposée au mythe ?

Quant aux événements de la Torah, quel est leur statut ? Sont-ils historiques ? S’ils ne le sont pas, quelle vérité prétendent-ils transmettre aujourd’hui ? Les découvertes ne l’histoire ont-elles un impact sur la croyance ? Questions éternelles, questions d’aujourd’hui…

 

■ 2ème cours (Jeudi 17 décembre 2015) – « Faut-il croire en quelque chose pour être juif ? Le judaïsme et la question des dogmes. »

Mi yehudi ? « Qui est juif ? ». Cette fameuse question, délice de bien des débats indécidables, en appelle immédiatement une autre : « mais au fait, qu’est-ce qu’être juif ? »

Être juif, cela implique-il de croire à quelque chose ? A des valeurs qui définiraient le judaïsme, et donc l’être juif, les dimensions de l’existence juive ? Quel rapport la croyance a-t-elle avec l’identité ? Et si l’on pense qu’elle n’en a pas, peut-on pour autant affirmer qu’elle en entièrement détachée ?

A travers la Bible, le Talmud, ou certains penseurs (dont Maïmonide ou Joseph Albo) qui ont cherché à formuler des contenus fondamentaux de la croyance, c’est la question des dogmes dans le judaïsme, et de leur rapport avec l’identité que nous étudierons dans ce cours.

 

■ 3ème cours (Jeudi 21 janvier 2016) – « Dieu intervient-il dans l’histoire ? Comment le mal est-il possible ? »

Cette sans doute la question où existe la tension la plus grande entre notre conscience traditionnelle et notre conscience moderne. A lire la Bible, la Sortie d’Egypte, la Révélation du Mont-Sinaï, nos prophètes, oui bien sûr, Dieu intervient dans l’histoire ! N’est-ce point là un des fondements de notre « emounah », notre « croyance » ? D’un autre côté, nous modernes ne croyons-nous pas intuitivement aux lois de la nature, aux lois sociales de manière quasi-exclusive ? Dans nos univers professionnels, nos grilles d’analyses ne sont-elles pas étrangères à cette notion d’intervention de Dieu dans l’histoire ?

A vrai dire, cette question en appelle quantité d’autres : si « providence » il y a, est-elle générale ou personnelle ? Si « intervention » il y a, Dieu respecte-t-il les lois de la nature ?

Ces questions, la tradition les a abordées, parfois en philosophe. Y compris la plus difficile d’entre elle : et le mal ? Dieu intervient-il contre le mal ? Ou serait-ce qu’il « laisse faire » le mal ?

Les rabbins du Talmud, Maïmonide ou encore Hasdaï Crescas seront nos guides pour ces questions. Manitou, Irvin Greenberg ou Emil Fackenheim le seront pour aborder leur acuité la plus contemporaine : la question de Dieu et de la Shoah.

 

■ 4ème cours (Jeudi 18 février 2016) – « Sommes-nous vraiment libres ? Le problème du libre-arbitre et de l’omniscience divine. »

Le concept de liberté, dans la pensée philosophique, a connu bien des avatars. De la liberté des grecs, purement citoyenne et politique, à la liberté subjectivement vécue comme foyer de possibilités, en passant par l’autonomie des modernes, nous retrouvons ici Aristote, Saint-Augustin, Kant : l’histoire de la philosophie !

Shlomo Pinès affirme que les juifs furent les premiers à acclimater l’idée philosophique de liberté au Moyen-Orient, et que la Haggadah de Pessah en est la preuve. Nous étudierons en effet ces « frottements » entre tradition et philosophie ; mais surtout, nous verrons que la tradition a sur ces questions une pensée fondatrice, entièrement originale.

Avant même de penser la « liberté », une expérience de la « libération » (Sortie d’Egypte), pour commencer. Expérience politique mais aussi existentielle, où résonne la valeur messianique.

Passionnantes également seront les questions du rapport entre allégeance à la Loi et autonomie de l’individu. Un rapport qui dans la tradition ne se pense qu’en posant un tout autre point de départ que la philosophie : non pas une Loi réductrice des libertés, mais face à la terreur du monde, une Loi de compassion, protectrice de l’humain, qui « restaure l’âme » et permet la liberté…

 

■ 5ème cours (Jeudi 31 mars 2016) – « La laïcité doit-elle évoluer ? La vision du judaïsme vis-à-vis de l’Etat. »

Et tout d’abord, cette question : comment le judaïsme, qui prône la connaissance de Dieu, et sa traduction dans la réalité sous la forme d’un rapport normatif entre Dieu et l’homme, comment la tradition et son grand arroi de cadres religieux, grands prêtres, cohanim et Lévites, a-t-il évité de devenir une théocratie ?

Comment le judaïsme, d’une certaine façon, a-t-il lui-même inventé la possibilité de l’incroyance ? Comment les rabbins du Talmud se sont-ils faits les précurseurs d’une liberté d’opinions au sujet de Dieu, en d’autres termes : d’une certaine « laïcité » ?

Il sera ici question des oppositions fécondes entre prophétie, prêtrise et pouvoir politique, mais aussi de l’étonnante capacité de la halakhah (la « Loi juive »), système normatif s’il en est, à permettre précisément, la liberté de pensée…

Par ailleurs, si l’assaut des Lumières a concédé à la religion une certaine « utilité sociale », elles lui ont dénié toute prétention à exprimer une quelconque vérité métaphysique. Comment le judaïsme vit-il cette réduction ?

Questions qui nous feront remonter à la Bible, au Talmud, à la modernité, mais aussi à aujourd’hui : quelle voix le judaïsme doit-il faire entendre à l’heure où la République et la laïcité sont menacés par le danger des extrémismes ?

Rabbin du MJLF