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Cours video : « Le judaïsme et la question des dogmes »

Voici en video le cours : « Le Judaïsme et la question des dogmes » qui s’inscrit dans une série de 5 cours dispensés au Centre Communautaire de Paris et intitulée « Troubles dans la Torah – Cinq problèmes philosophiques ».

Le prochain cours « Sommes-nous vraiment libres? »  se déroulera  jeudi 18 février 2016 de 19h00 à 20h30 au Centre Communautaire de Paris.

119 rue Lafayette  – 75010 Paris

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Conférences de l’année 5776 « TROUBLE DANS LA TORAH – CINQ PROBLÈMES PHILOSOPHIQUES »

Dates et programmes des cours qui dispensés durant l’année 2015 / 2016 au Communautaire de Paris.

■ Dates des cours :

1er cours — Jeudi 26 novembre 2015, de 19h00 à 20h30 : « La Bible est-elle un mythe ? Récit biblique, mythe et histoire. »

2ème cours — Jeudi 17 décembre 2015, de 19h00 à 20h30 : « Faut-il croire en quelque chose pour être juif ? Le judaïsme et la question des dogmes. » 

3ème cours — Jeudi 21 janvier 2016, de 19h00 à 20h30 : « Dieu intervient-il dans l’histoire ? Comment le mal est-il possible ? »

4ème cours : Jeudi 18 février 2016, de 19h00 à 20h30 : « Sommes-nous vraiment libres ? Le problème du libre-arbitre et de l’omniscience divine. »

5ème cours — Jeudi 31 mars 2016, de 19h00 à 20h30 : « La laïcité doit-elle évoluer ? La vision du judaïsme vis-à-vis de l’Etat. »

 

■ Présentation générale :

Si la Loi et la Raison sont généralement considérées comme les deux marqueurs d’une différence de civilisation entre Athènes à Jérusalem, il n’empêche que les grandes questions de l’existence humaine ont été pensées à charge égale sous les deux latitudes. Qu’elles se livrent sous la forme de « problèmes philosophiques » bien délimités dans la tradition de pensée grecque, ou soient organiquement reliées à des considérations pratiques, légales et identitaires dans la tradition juive, ces questions ont pour vocation, non d’être résolues, mais constamment renouvelées par la sollicitude et le langage propre à chaque génération.

Ces réflexions peuvent être de nature métaphysique, éthique, épistémologique ; qu’elles en portent le nom ou pas, leur grandeur tient à la façon dont elles nous parlent encore aujourd’hui.

Une chose est certaine. D’une part, la pensée talmudique a profondément été reformulée, à l’orée des temps médiévaux, par Saadia Gaon (882-942) qui, en instaurant le vocabulaire d’une « philosophie juive », a pavé le chemin d’une prestigieuse galerie de « philosophes juifs » — Maïmonide en étant le parangon. D’autre part, la pensée juive, du fait de sa constante prise d’information aux sources de la Torah, a constamment proposé sur ces questions universelles une réflexion irréductiblement originale, dont la pertinence nous interpelle encore aujourd’hui.

Nous abreuver à ces sources, en ressentir la vigueur à travers les cinq problèmes philosophiques proposés, tel sera notre unique objectif et, nous l’espérons, notre joie commune !

 

■ 1er cours (jeudi 26 novembre 2015) – « La Bible est-elle un mythe ? Récit biblique, mythe et histoire. »

La Bible, affirme Levinas, est le livre des « choses premières » : les choses du monde, et celles d’avant le monde. Lorsqu’il s’agit du lointain passé, ou d’événements à valeur de fondement, notre culture occidentale reste marquée par les deux approches qui l’ont fécondée : la temporalité « éternelle » du mythe, dont se serait distanciée la Raison pour devenir philosophie… Et puis, le « commencement », le « récit » instauré par la Bible.

Nous savons que la Bible a été influencée par certains mythes externes, Babel, le déluge ; nous savons qu’elle les a retravaillés avec l’idée monothéiste en tête. Mais précisément : là où le cœur du mythe consiste à célébrer l’union éternelle du monde et du langage, de l’homme et de la nature, les séparations instaurées par la Création biblique, le fait que Dieu parle, puis crée le monde, puis le juge : n’est-ce point-là le coup d’envoi-t-il d’une pensée diamétralement opposée au mythe ?

Quant aux événements de la Torah, quel est leur statut ? Sont-ils historiques ? S’ils ne le sont pas, quelle vérité prétendent-ils transmettre aujourd’hui ? Les découvertes ne l’histoire ont-elles un impact sur la croyance ? Questions éternelles, questions d’aujourd’hui…

 

■ 2ème cours (Jeudi 17 décembre 2015) – « Faut-il croire en quelque chose pour être juif ? Le judaïsme et la question des dogmes. »

Mi yehudi ? « Qui est juif ? ». Cette fameuse question, délice de bien des débats indécidables, en appelle immédiatement une autre : « mais au fait, qu’est-ce qu’être juif ? »

Être juif, cela implique-il de croire à quelque chose ? A des valeurs qui définiraient le judaïsme, et donc l’être juif, les dimensions de l’existence juive ? Quel rapport la croyance a-t-elle avec l’identité ? Et si l’on pense qu’elle n’en a pas, peut-on pour autant affirmer qu’elle en entièrement détachée ?

A travers la Bible, le Talmud, ou certains penseurs (dont Maïmonide ou Joseph Albo) qui ont cherché à formuler des contenus fondamentaux de la croyance, c’est la question des dogmes dans le judaïsme, et de leur rapport avec l’identité que nous étudierons dans ce cours.

 

■ 3ème cours (Jeudi 21 janvier 2016) – « Dieu intervient-il dans l’histoire ? Comment le mal est-il possible ? »

Cette sans doute la question où existe la tension la plus grande entre notre conscience traditionnelle et notre conscience moderne. A lire la Bible, la Sortie d’Egypte, la Révélation du Mont-Sinaï, nos prophètes, oui bien sûr, Dieu intervient dans l’histoire ! N’est-ce point là un des fondements de notre « emounah », notre « croyance » ? D’un autre côté, nous modernes ne croyons-nous pas intuitivement aux lois de la nature, aux lois sociales de manière quasi-exclusive ? Dans nos univers professionnels, nos grilles d’analyses ne sont-elles pas étrangères à cette notion d’intervention de Dieu dans l’histoire ?

A vrai dire, cette question en appelle quantité d’autres : si « providence » il y a, est-elle générale ou personnelle ? Si « intervention » il y a, Dieu respecte-t-il les lois de la nature ?

Ces questions, la tradition les a abordées, parfois en philosophe. Y compris la plus difficile d’entre elle : et le mal ? Dieu intervient-il contre le mal ? Ou serait-ce qu’il « laisse faire » le mal ?

Les rabbins du Talmud, Maïmonide ou encore Hasdaï Crescas seront nos guides pour ces questions. Manitou, Irvin Greenberg ou Emil Fackenheim le seront pour aborder leur acuité la plus contemporaine : la question de Dieu et de la Shoah.

 

■ 4ème cours (Jeudi 18 février 2016) – « Sommes-nous vraiment libres ? Le problème du libre-arbitre et de l’omniscience divine. »

Le concept de liberté, dans la pensée philosophique, a connu bien des avatars. De la liberté des grecs, purement citoyenne et politique, à la liberté subjectivement vécue comme foyer de possibilités, en passant par l’autonomie des modernes, nous retrouvons ici Aristote, Saint-Augustin, Kant : l’histoire de la philosophie !

Shlomo Pinès affirme que les juifs furent les premiers à acclimater l’idée philosophique de liberté au Moyen-Orient, et que la Haggadah de Pessah en est la preuve. Nous étudierons en effet ces « frottements » entre tradition et philosophie ; mais surtout, nous verrons que la tradition a sur ces questions une pensée fondatrice, entièrement originale.

Avant même de penser la « liberté », une expérience de la « libération » (Sortie d’Egypte), pour commencer. Expérience politique mais aussi existentielle, où résonne la valeur messianique.

Passionnantes également seront les questions du rapport entre allégeance à la Loi et autonomie de l’individu. Un rapport qui dans la tradition ne se pense qu’en posant un tout autre point de départ que la philosophie : non pas une Loi réductrice des libertés, mais face à la terreur du monde, une Loi de compassion, protectrice de l’humain, qui « restaure l’âme » et permet la liberté…

 

■ 5ème cours (Jeudi 31 mars 2016) – « La laïcité doit-elle évoluer ? La vision du judaïsme vis-à-vis de l’Etat. »

Et tout d’abord, cette question : comment le judaïsme, qui prône la connaissance de Dieu, et sa traduction dans la réalité sous la forme d’un rapport normatif entre Dieu et l’homme, comment la tradition et son grand arroi de cadres religieux, grands prêtres, cohanim et Lévites, a-t-il évité de devenir une théocratie ?

Comment le judaïsme, d’une certaine façon, a-t-il lui-même inventé la possibilité de l’incroyance ? Comment les rabbins du Talmud se sont-ils faits les précurseurs d’une liberté d’opinions au sujet de Dieu, en d’autres termes : d’une certaine « laïcité » ?

Il sera ici question des oppositions fécondes entre prophétie, prêtrise et pouvoir politique, mais aussi de l’étonnante capacité de la halakhah (la « Loi juive »), système normatif s’il en est, à permettre précisément, la liberté de pensée…

Par ailleurs, si l’assaut des Lumières a concédé à la religion une certaine « utilité sociale », elles lui ont dénié toute prétention à exprimer une quelconque vérité métaphysique. Comment le judaïsme vit-il cette réduction ?

Questions qui nous feront remonter à la Bible, au Talmud, à la modernité, mais aussi à aujourd’hui : quelle voix le judaïsme doit-il faire entendre à l’heure où la République et la laïcité sont menacés par le danger des extrémismes ?