Rosh ha-Shanah – Explication

Basics —————————————–

■ Introduction :

Trois citations[1] :

  • « A Rosh ha-Shanah tous les habitants du monde passent devant Lui [en jugement] comme un troupeau de mouton ».[2]
  • « Tous sont jugés à Rosh ha-Shanah, et le verdict est scellé à Yom Kippur ».[3]
  • « Rabbi Kruspedai a dit au nom de Rabbi Yohanan : « trois livres sont ouverts à Rosh ha-Shanah, un pour les totalement méchants, un pour ceux qui sont parfaitement justes, et un pour les intermédiaires. Les parfaitement justes sont directement inscrits et scellés pour la vie ; les méchants sont directement inscrits et scellés pour la mort ; les intermédiaires sont suspendus et attendent entre Rosh ha-Shanah et Kippur. S’ils le méritent, ils sont inscrits pour la vie ; sinon – ils sont inscrits pour la mort ».[4]
  • Ces trois citations pointent trois thèmes majeurs de Rosh ha-Shanah.

►L’idée que Rosh ha-Shanah est un jour de jugement ;

►L’insertion dans une séquence plus large qui rassemble Rosh ha-shanah et Kippur, et insère la fête dans une séquence de repentance ;

►La notion d’une teshuvah possible, d’un processus personnel et intérieur, d’un travail d’examen.

■ Le mois d’eloul :

  • Du fait de la grande solennité entourant les 10 jours redoutables, le mois d’eloul fut conçu par les rabbins comme une grande période de préparation.[5] La période des fêtes elle-même fut étendue à la fin de Sukkot. Une allusion à cette période étendue peut se trouver dans le midrash selon lequel une période de quarante jours sépare le moment où Moïse remonte au Mont Sinaï, le premier ellul, en redescend pour Yom Kippur.[6]
  • Une allusion à cette fonction de repentance existe dans un commentaire rabbinique du verset Ex. 21, 12-13 :
יב מַכֵּה אִישׁ וָמֵת, מוֹת יוּמָת. 12 « Celui qui frappe un homme et le fait mourir sera puni de mort.
יג וַאֲשֶׁר לֹא צָדָה, וְהָאֱלֹהִים אִנָּה לְיָדוֹ–וְשַׂמְתִּי לְךָ מָקוֹם, אֲשֶׁר יָנוּס שָׁמָּה.  {ס} 13 S’il n’y a pas eu guet-apens et que Dieu seul ait conduit sa main, il se réfugiera dans un des endroits que je te désignerai

La séquence innah le-yado ve-samti lekha forme en effet les lettres du mot elul, ce que Isaac Luria commente de la manière suivante : Dieu a ainsi disposé qu’il te préparera un abri : ce moi d’eloul dans lequel tu pourras te réfugier.

  • Un certain nombre de pratiques ont été institués pour marquer ce temps de préparation. Le minhag ashkénaze, par exemple, est de sonner du shofar après tous les offices de matin pour éveiller le cœur à la repentance.

Selon une pratique ashkénaze qui ne remonte qu’au 18ème siècle, on y récite également le Psaume 27 après les offices du matin et de ma’ariv depuis le début d’eloul jusqu’à Shemini atseret, selon un drash qui fait ressortir une allusion, dans le texte, aux trois fêtes.[7]

■ Le mois de tishri :

  • C’est le nom post-exilique du 7ème mois. Fréquemment mentionné dans les sources assyriennes et babyloniennes et dans la littérature rabbinique, le nom est dérivé de l’araméen shera ou sherey (« commencer »), le nom signifie ainsi « commencement de l’année ». Mais selon l’interprétation de Pesiqta Rabbati (midrash aggadique du 9ème siècle), où sharey signifie « délier, détacher »[8], le nom du mois implique la notion de « dissoudre nos iniquités ».
  • Pour une interprétation kabbalistique du nom tishrey, cf. Rabbi Nosson Scherman (ed.), Yom Kippur – Its Significance, Laws, and Prayers / A presentation Anthologized from Talmudic and Traditional Sources, Mesorah Publications, Brooklyn, N. Y., 1989, p. 46 sq.
  • La séquence de tishri — Les jours remarquables :

— Le 1er et 2 tishri : Rosh ha-shanah.

— Le 10 : Kippur.

— Les 10 jours redoutables, asserey yemey ha-teshuvah, ou yamim nora’im :

— Le 15 et le 16 : Sukkot et le redoublement de la Fête en diaspora dans les communautés traditionnelles.

— Les 17-21 tishri : 5 jours intermédiaires de Sukkot, ou ‘hol ha-mo’ed.

— Les 22 et 23 : Shemini atseret et Sim’hat Torah.

— Le 3 tishri : fut en son temps une fête mineure en rapport avec la dynastie hasmonéenne, puis assignée à un jeûne commémoration de l’assassinat de Gedaliah.

■ Lo adu rosh :

Lo adu rosh est un principe exprimé par Maïmonide dans le Mishneh Torah[9] et par Ravad qui, dans sa concision, spécifie que Rosh ha-shanah ne peut tomber un dimanche (alef, premier jour de la semaine) un mercredi ni un vendredi.

Si, en effet, Rosh ha-shanah tombait un dimanche, Hosha’anah, qui tombe le le 21 tishri, tomberait un shabbat, ce qui empêcherait la cérémonie des hosha’anot. Si Rosh ha-shanah tombait un mercredi, de même, alors Kippur tomberait un vendredi, et si RH tombait un vendredi, Kippur tomberait le dimanche, soient deux jours de suite où il serait interdit de cuire de la viande et d’enterrer les défunts.

■ La veille de Rosh ha-shanah :

  • Le shabbat précédent tishri la prière pour le nouveau mois est omise, d’une part parce qu’il n’est pas nécessaire de l’annoncer lorsque le nouveau mois est aussi Rosh ha-shanah ; une raison folklorique a été également ajoutée : kedey le’arbev et ha-satan, « en vue de confondre Satan », lequel est supposé attendre la nouvelle année pour médire d’Israël devant le trône du jugement. L’omission de la prière l’induirait ainsi en erreur.[10]
  • Hattarat nedarim, « l’annulation des vœux », est en général effectué juste après le service du matin, où les selihot sont censée avoir été lus de manière plus intensive que les autres jours. La personne qui veut y procéder, et souhaite être libérées de vœux qu’il aurait oubliés doit le faire en présence d’une court de trois personnes. Cette cérémonie ne doit pas être comprise comme une amnistie générale concernant les vœux, mais comme portant uniquement sur les vœux pour lesquels on est inconscient, que l’on aurait oublié, et uniquement dans le cas où ils s’appliqueraient à soi-même et non aux autres.
  • On remplace généralement le rideau de la synagogue devant l’aron ha-qodesh par un parokhet blanc, jusqu’à Yom Kippur., le blanc étant un symbole d’expiation et de grâce.[11]
  • On visite généralement les tombes de nos chers disparus ; dans certaines communautés la pratique n’est- pas limitée à la veille mais étendue à l’intégralité de la période de pénitence. Beaucoup de communautés instituent un service public au cimetière ; chacun va ensuite visiter la tombe de ses proches.[12]
  • Le souhait, en cette période, est tikatev ve-te’hatem le ‘hayyim tovim.

1 / Les thématiques centrales de Rosh ha-shanah :

 

1.1 / Le jour anniversaire de la création de l’homme :

  • La discussion talmudique atteste bien[13] qu’il ne s’agit pas de l’anniversaire de la création des cieux et de la terre mais bien du jour où Adam et Eve furent créés.[14]
  • Valeur universaliste.

1.2 / Jugement et souvenir :

  • La fête est connue sous le nom de Yom ha-din et Yom ha-zikaron. Mais c’est le nom de Rosh ha-shanah qui a prévalu, et plus précisément l’idée qu’il s’agissait d’un jour anniversaire de la création. Ceci est fondé sur une tradition selon laquelle la création du monde fut achevée le 1er tishri.[15]
  • Le lien entre ces deux idées est constamment rappelé au cours de la liturgie : ha-yom harat olam, ha-yom ya’amod ba-mishpat.
  • De l’idée de souvenir et de jugement a naturellement découlée l’idée de repentance, dans la mesure où Dieu est considéré, et réaffirmé comme l’ultime arbitre de la destinée humaine.

1.3 / Souveraineté & repentance :

■ Les deux thèmes des yamim noraʼim sont la souveraineté et la repentance.

  • Souveraineté : thème donné par la phrase liturgique avinu malkenu. Nous réélisons Dieu comme notre roi, parce que cette chose ne va pas de soi. L’année meurt, il y un temps d’indivisibilité, et il nous faut demander à ce que Dieu préside à la nouvelle année.

■ Techniquement, Rosh ha-Shanah est un yom tov, car il est inclus dans la liste des fêtes qui entrent dans la catégorie des mo’adey adonay.[16]

■ Malgré sa solennité, Rosh ha-Shanah est considéré comme une fête joyeuse[17] :

ב וַיָּבִיא עֶזְרָא הַכֹּהֵן אֶת-הַתּוֹרָה לִפְנֵי הַקָּהָל, מֵאִישׁ וְעַד-אִשָּׁה, וְכֹל, מֵבִין לִשְׁמֹעַ–בְּיוֹם אֶחָד, לַחֹדֶשׁ הַשְּׁבִיעִי. 2 Ezra le prêtre apporta la Thora devant l’assemblée hommes et femmes et quiconque était capable de comprendre le premier jour du septième mois
ט וַיֹּאמֶר נְחֶמְיָה הוּא הַתִּרְשָׁתָא וְעֶזְרָא הַכֹּהֵן הַסֹּפֵר וְהַלְוִיִּם הַמְּבִינִים אֶת-הָעָם לְכָל-הָעָם, הַיּוֹם קָדֹשׁ-הוּא לַיהוָה אֱלֹהֵיכֶם–אַל-תִּתְאַבְּלוּ, וְאַל-תִּבְכּוּ:  כִּי בוֹכִים כָּל-הָעָם, כְּשָׁמְעָם אֶת-דִּבְרֵי הַתּוֹרָה. 9 Néhémie, à savoir le gouverneur, ainsi qu’Ezra, le prêtre et scribe, et les Lévites qui instruisaient le peuple, dit au peuple tout entier: « Ce jour est consacré à l’Eternel, votre Dieu; ne manifestez pas de deuil et ne pleurez point! » Car tout le peuple pleurait en entendant les paroles de la Thora.
י וַיֹּאמֶר לָהֶם לְכוּ אִכְלוּ מַשְׁמַנִּים וּשְׁתוּ מַמְתַקִּים, וְשִׁלְחוּ מָנוֹת לְאֵין נָכוֹן לוֹ–כִּי-קָדוֹשׁ הַיּוֹם, לַאֲדֹנֵינוּ; וְאַל-תֵּעָצֵבוּ, כִּי-חֶדְוַת יְהוָה הִיא מָעֻזְּכֶם. 10 Il ajouta: « Allez, mangez des mets succulents, buvez des breuvages doux et envoyez-en des portions à ceux qui n’ont rien d’apprêté, car ce jour est consacré à notre Seigneur. Ne vous attristez donc pas, car la joie en l’Eternel est votre force. »

2 / Développements historiques :

■ Aussi incroyable que cela puisse paraître, les deux thématiques évidentes de Rosh ha-shanah aujourd’hui n’étaient pas présentes dans la Bible, et sont le fruit d’une patiente élaboration rabbinique.

  • Alors que la Bible, pour Kippur, mentionne l’expiation des péchés, Rosh ha-Shanah n’apparaît, ainsi, ni comme un jour de nouvel an ni comme un jour de jugement. La fête est simplement dénommée Yom teru’ah ou Zikhron teru’ah.[18]

■ Les bases scripturaires :

  • Le terme même de Rosh ha-Shanah apparaît pour la première fois dans la Mishnah (il apparaît chez Ezechiel, 40 :1, mais où il désigne Yom Kippur).
  • La première référence dans la Bible apparaît en Lev. 23, 24 :
כד דַּבֵּר אֶל-בְּנֵי יִשְׂרָאֵל, לֵאמֹר:  בַּחֹדֶשׁ הַשְּׁבִיעִי בְּאֶחָד לַחֹדֶשׁ, יִהְיֶה לָכֶם שַׁבָּתוֹן–זִכְרוֹן תְּרוּעָה, מִקְרָא-קֹדֶשׁ. 24 « Parle ainsi aux enfants d’Israël: au septième mois, le premier jour du mois, aura lieu pour vous un repos solennel; commémoration par une fanfare, convocation sainte
  • Le deuxième passage est Nbr. 29, 1 :
א וּבַחֹדֶשׁ הַשְּׁבִיעִי בְּאֶחָד לַחֹדֶשׁ, מִקְרָא-קֹדֶשׁ יִהְיֶה לָכֶם–כָּל-מְלֶאכֶת עֲבֹדָה, לֹא תַעֲשׂוּ:  יוֹם תְּרוּעָה, יִהְיֶה לָכֶם. 1 Au septième mois, le premier jour du mois, il y aura pour vous convocation sainte: vous ne ferez aucune œuvre servile. Ce sera pour vous le jour du son du Chofar

2.1 / Rosh ha-shanah comme début d’année :

  • Dans la Mishnah, l’expression Rosh ha-shanah n’est pas réservée exclusivement au « premier jour du 7ème mois » mais partagée avec d’autres débuts d’année ; toutefois, il semble que depuis des temps immémoriaux c’est ce jour de « sonnerie » qui était considéré comme le début d’année par excellence. Nous sommes ici en présence d’un fait ancré dans la tradition orale, et pourvue d’une autorité équivalente à la tradition écrite.[19]
  • C’est en fonction de cette tradition qui déterminait le premier jour du 7ème mois comme un début d’année que l’Ecriture choisit ce jour comme une Fête où l’on sonne du shofar, sans éprouver le besoin d’expliquer que cette Fête de la sonnerie (yom teru’a) était également une fête de nouvel an.

2.2 / Rosh ha-shanah comme jour de jugement :

■ Le consensus rabbinique sur le fait que Rosh ha-Shanah est un jour de jugement s’est élaboré progressivement, et a généré de nombreuses discussions sur la nature et l’ampleur du jugement.[20]

  • L’opinion la plus récente fut celle de Rabbi Ismaël, pour qui il existe quatre jours de jugement : « A Pâque concernant les récoltes, à Shavuot pour les fruits, à Sukkot pour la pluie. L’homme est jugé à Rosh ha-Shanah, et le verdict est scellé à Kippur. »[21]
  • Rabbi Meïr, quant à lui, était d’avis que tous les jugements étaient passés à Rosh ha-Shanah. Rabbi Nathan, quant à lui, était d’avis que l’homme est jugé tous les jours.

■ Ainsi pendant longtemps, jusqu’à Philon, personne ne considérait Rosh ha-shanah comme un jour de jugement.

  • Apparemment la prescription du shofar n’était pas observée en dehors de Jérusalem du fait du manque de personnes qualifiées pour en sonner.
  • Après la mort d’Alexandre Jannée en 76 av. è.c., qui marque la montée en puissance du mouvement pharisien, le shofar fut un des premiers rites à entrer dans la synagogue en même temps que l’institution d’une prière fixe et la lecture de la Torah.

2.2.2 / Comment est venue se greffer l’idée de jugement ?

Plusieurs facteurs ont joué.

■ C’est à travers le thème du shofar que les premières images de jugement ont été associées :

  • Les deux occasions majeures où le shofar était sonné, en effet, étaient la Révélation, et la proclamation de l’année du Jubilée.
  • Isaïe a explicitement lié le son du shofar avec le thème de l’admonestation contre les péchés[22]:
א קְרָא בְגָרוֹן אַל-תַּחְשֹׂךְ, כַּשּׁוֹפָר הָרֵם קוֹלֶךָ; וְהַגֵּד לְעַמִּי פִּשְׁעָם, וּלְבֵית יַעֲקֹב חַטֹּאתָם. 1 Crie à plein gosier, ne te ménage point! Comme le cor fais retentir ta voix! Et expose à mon peuple son iniquité, à la maison de Jacob ses péchés
  • Le thème du retour des exilés était aussi associé au shofar.
  • Les psaumes 47 et 89 lient également le shofar à l’idée d’un jugement et de justice.[23]

■ Du côté scripturaire, les rabbins trouvèrent tout d’abord une allusion au thème du jugement en Deut. 11, 13-18 :

יב אֶרֶץ, אֲשֶׁר-יְהוָה אֱלֹהֶיךָ דֹּרֵשׁ אֹתָהּ:  תָּמִיד, עֵינֵי יְהוָה אֱלֹהֶיךָ בָּהּ–מֵרֵשִׁית הַשָּׁנָה, וְעַד אַחֲרִית שָׁנָה.  {ס} 12 un pays sur lequel veille l’Éternel, ton Dieu, et qui est constamment sous l’œil du Seigneur, depuis le commencement de l’année jusqu’à la fin
  • Or, ce passage précède un passage où il est question de jugement (Deut. 11, 13-18).

■ L’autre facteur fut l’interprétation du mot zikaron dans le verset de Lev. 23, 24 déjà cité, dont l’interprétation de Bereshit rabba précise : « Ils prennent un shofar et sont souvenus par Dieu ».[24]

■ La source de P. 85, 1[25] :

  • Dans la discussion talmudique concernant la signification de Rosh ha-shanah (R. H. 8a), les Sages semblent impliquer que c’est à travers la référence de Ps. 85, 1 que le statut de Rosh ha-shanah nous est connu :
ד  תִּקְעוּ בַחֹדֶשׁ שׁוֹפָר;    בַּכֵּסֶה, לְיוֹם חַגֵּנוּ. 4 sonnez le Chofar à la nouvelle lune, au jour fixé pour notre solennité.
ה  כִּי חֹק לְיִשְׂרָאֵל הוּא;    מִשְׁפָּט, לֵאלֹהֵי יַעֲקֹב. 5 Car c’est une loi en Israël, une coutume en l’honneur du Dieu de Jacob
  • Il semble étrange qu’un concept aussi fondamental soit fondé sur un verset de Tehilim et non sur la Torah. Toutefois une étude plus approfondie permet de comprendre comment le passage, dans son entier, révèle la Torah comme source de l’identification de Rosh ha-shanah avec le jour du jugement. Le texte continue en effet avec les tribulations de Joseph en Egypte et la façon dont il fut libéré de la prison. La juxtaposition du statut de Rosh ha-shanah comme jour de jugement avec le thème de la liberté de Joseph indique que Joseph fut libéré de prison le jour de Rosh ha-shanah.[26]
  • Nous savons que Joseph a souffert en prison (Ps. 105:18 et commentaire de Rashi), et le midrash[27] nous append que Joseph eut à endurer deux années supplémentaires de prison parce qu’il avait placé sa confiance en l’échanson (le sar ha-mashkim) et non en Dieu, et insista par deux fois auprès de l’échanson pour lui demander de « se souvenir [de lui] » et de le « rappeler au souvenir de Pharaon »[28]:
יד כִּי אִם-זְכַרְתַּנִי אִתְּךָ, כַּאֲשֶׁר יִיטַב לָךְ, וְעָשִׂיתָ-נָּא עִמָּדִי, חָסֶד; וְהִזְכַּרְתַּנִי, אֶל-פַּרְעֹה, וְהוֹצֵאתַנִי, מִן-הַבַּיִת הַזֶּה. 14 Si tu te souviens de moi lorsque tu seras heureux, rends-moi, de grâce, un bon office: parle de moi à Pharaon et fais moi sortir de cette demeure
  • L’interprétation se concentre sur le mot ve-hizkirtani, un verbe étrange dans la mesure où le Pharaon ne semble pas connaître Joseph auparavant.
  • Un autre passage peut éclairer sur le sens de la racine zakhar. En II Sam. 8, 16 est mentionnée la position de Yehoshafat Ben Achilud comme étant celle de mazkir. Les rishonim entent de comprendre la signification de ce terme. Rashi explique qu’il s’agit ici de garder trace des cas qui étaient jugés. Radak, quant à lui, explique qu’il était en charge des chroniques.

Le Ramban (dans ses Drashot sur Rosh ha-shana) explique que la racine zakhor a deux significations. A la forme qal elle signifie « se souvenir ». Mais au hif’il elle réfère aux matières judiciaires. Ainsi, Yom Ha-zikaron (Vayikra 23:24) identifie Rosh Hashana comme jour du jugement.

■ Finalement, le jour de jugement fut « calé » sur le premier tishri du fait de l’affirmation de Rabbi Eliezer que Adam avait été crée à Rosh ha-Shanah.[29] Il était logique de penser que l’homme devait être jugé le jour anniversaire de sa création.

3 / La teshuvah (“retour, repentance”) – Quelques perspectives :

■ La teshuvah—Bases scripturaires :

  • Selon Rabbenu Yonah c’est un commandement de se repentir toute l’année dès que l’occasion s’en présente, et l’injonction est dérivée du verset Deut. 30, 2 :
ב וְשַׁבְתָּ עַד-יְהוָה אֱלֹהֶיךָ, וְשָׁמַעְתָּ בְקֹלוֹ, כְּכֹל אֲשֶׁר-אָנֹכִי מְצַוְּךָ, הַיּוֹם:  אַתָּה וּבָנֶיךָ, בְּכָל-לְבָבְךָ וּבְכָל-נַפְשֶׁךָ. 2 que tu retournes à l’Éternel, ton Dieu, et que tu obéisses à sa voix en tout ce que je te recommande aujourd’hui, toi et tes enfants, de tout ton cœur et de toute ton âme
  • La mitsvah de teshuvah spécifique à Kippur, cependant, est dérivé quant à elle du verset Lev. 16, 30 :
ל כִּי-בַיּוֹם הַזֶּה יְכַפֵּר עֲלֵיכֶם, לְטַהֵר אֶתְכֶם:  מִכֹּל, חַטֹּאתֵיכֶם, לִפְנֵי יְהוָה, תִּטְהָרוּ. 30 Car en ce jour, on fera propitiation sur vous afin de vous purifier; vous serez purs de tous vos péchés devant l’Éternel.
  • On note une différence de terminologie. Toue l’année c’est le verbe ve-shavta qui est utilisé là où pour Kippur on utilise le mot titharu.[30] L’explication consiste à relever qu’il existe différents niveaux de repentance, et que chaque processus de repentance n’effectue qu’un travail partiel (une analogie est dressée avec un vêtement que l’on lave une fois) : aussi ve-shavta entame le travail, mais la purification complète n’intervient qu’avec le titharu qui a lieu à Kippur.

3.1 / Intro :

  • Il faut bien comprendre à ce sujet que la repentance, concept si mystérieux, n’est possible que si l’on tient en référence non pas la nature des choses, mais la source des choses, à savoir Dieu.
  • Citation Kaplan[31]: « La vie [dans la tradition juive] n’est pas conçue comme un déroulement fatal mais comme l’accomplissement d’une bénédiction ! … le mal est une interférence ; il n’est pas un destin. L’homme ne se trouve pas pris au piège ; il est testé. « Le sort en est jeté » s’écrie l’homme occidental ; mais la religion juive rétorque : « l’issue ultime se décide avec Dieu ».
  • Nous ne sommes pas aux prises avec la nature, avec le monde comme nature, mais avec le monde comme se tenant devant Dieu, et comme possiblement irrigué par la bénédiction. La bénédiction fait en sorte que le olam ha-zeh soit constamment éclairé de la possibilité du olam ha-ba, de l’a-venir.
  • Rien n’est inscrit, et seul au sein de cet espace spirituel ouvert par la conscience de se trouver en présence et devant Dieu, un mishpat, à savoir un « jugement » mais aussi un « débat » est possible, un « jeu » où peut intervenir la teshuvah.

3.2 / La teshuvah comme intégrée au processus de Création :

■ La Création est narrée selon un principe de repentir. Curieux mythe où le démiurge regrette sa création ! Cette thématique est développée par Eliezer Schweid dans Pot’him shavu’a[32], où il souligne que la création divine elle-même est un repentir, un double repentir : d’une part, Dieu regrette d’avoir créé l’homme (cf Gen, VI, 6 : « Vayina’hèm adonaï ki-assa èt-haadam baaretz vayit’atsèv èl-libo ») et décide de détruire sa création, mais finalement il renonce, à partir de l’existence d’un seul homme, Noé, à la détruire.

Il est ainsi beaucoup de créations en deux temps : on a tout d’abord un processus idéal, et ensuite une gestion-adaptation de l’existant, obligée de tenir compte de la vraie nature des choses, nous dit E. Schweid, et le « repentir » fait en quelque sorte partie du processus.

■ Ainsi, à la base du processus de création se tient la notion de teshuvah. Celle-ci va à l’encontre de l’idée de « nature », de phusis, de croissance, et de la conception aristotélicienne du devenir comme accomplissement[33]. L’energeia, dans le judaïsme, est constamment placé en témoignage devant Dieu, et c’est cette situation qui signe la situation de teshuvah, de réversibilité. Il faut comprendre aussi que la notion de miracle est une extension de cette idée, et à la limite que la situation ici décrite est en elle-même une situation de miracle.

■ Le miracle, ainsi, n’est pas un événement particulier, c’est le cadre lui-même, la situation de témoignage, d’être placé lifney ha-Shem qui est miracle. Cette situation est une situation de non-déterminisme absolu. Et, pour l’homme, elle n’a rien d’automatique mais dépend de la reconnaissance de cette situation comme une valeur. A ce titre, la situation relève de l’adage ha-kol bidey shamayim ḥuṣ mi-yir’at shamayim.

3.3 / Teshuvah, système et récit :

La conception d’un monde où la teshuvah est possible provient probablement du mode de conscience hébraïque tel qu’il est exprimé par la Bible, à savoir un monde où les valeurs sous-jacentes à la vision du monde sont déployées à travers un récit plutôt qu’au sein d’un système[34].

Bien sûr, un élément essentiel qui discrimine l’un par rapport à l’autre est le temps. La possibilité de changer la place, la nature ou la fonction d’un élément dans un système est chose quasi-impossible. Dans un récit subsiste toujours la pensée sous-jacente que la chose aurait pu être autrement et, dans la mesure où les événements sont des situations où se rencontrent des acteurs, des éléments et un cadre spatio-temporel, la marge est beaucoup plus grande pour imaginer, à travers le critère de la volonté, que l’acte effectué peut être encore modifié, tout du mois dans son interprétation, en imaginant une autre relation entre le fait accompli et la volonté qui y présidait.

3.4 / Teshuvah & halakhah :

■ Mise en rapport de deux notions rarement associées côte à côte dans la tradition : la halakhah avec la teshuvah.

Cette notion « d’aller et retour », nous enseigne le rabbin, mon maître, Adin Steinsalz, Even Israël, est une notion fondamentale de la kabbale. Toute forme de vie, biologique, psychologique ou métaphysique, qu’il s’agisse de la respiration ou de la notion abstraite du temps, est pulsation, fondée sur un battement à deux temps, un aller et un retour.

Cette dialectique subtile de l’aller et du retour, nous dit la tradition, est une sorte de respiration spirituelle, où halakhah et teshuvah sont les deux faces d’un même dispositif de perfectionnement de notre être et de notre lien à Dieu. L’un est plénitude de l’action, réglée par la précision quotidienne de la mitsvah, du « commandement », l’autre, telle la face cachée, accouchement de notre intériorité. La halakhah, par son effet de la contrainte, limite les prétentions de l’ego, la teshuvah, elle, convoque l’ego mais pour le présenter nu devant Dieu, dépouillé de toutes les fables que nous avons tressées autour de nos actes.

Car à l’heure de la teshuvah, on ne raconte plus ; on compte, on chiffre. On ne brode plus, on pèse.

4 / Les pratiques liturgiques de Rosh ha-shanah :

4.1 / Les seli’hot :

— Cf. doc spécifique « Selihot – Items ».

4.2 / La liturgie :

4.2.1 / L’office du soir :

  • Il s’agit d’un office de fête normal, avec les intercalations propres à Rosh ha-Shanah ; le verset spécifique ajouté est le tiqe’u ba-‘hodesh shofar.

4.2.2 / L’office du matin & mussaf :

  • L’office comprend un certain nombre de prières propres à Rosh ha-shanah et à sa thématique –quelques unes d’entre elles ci-après.
  • Shofet kol ha-aretz : la thématique du jugement.
  • Le Avinu malkenu : une prière instituée lors d’une sécheresse, lors d’une prière de rabbi Eliezer pour la pluie (il avait institué 13 jeûnes). Alors qu’elle était infructueuse, R. Aquiba s’approcha de la bimah et dit avinu malkenu eyn lanu melekh ela atah, avinu malkenu lemaanekha raḥem aleynu. Les rabbins, ensuite, ajoutèrent d’autres requêtes.[35]

■ Les sonneries du shofar :

  • L’injonction de sonner du shofar à Rosh ha-shanah se trouve en Nbr. 29, 1 : yom teru’a yihyié la’hem.
  • Nombres de commentateurs ont développé l’injonction biblique pour énoncer d’autres raisons, comme les 10 raisons fournies par Saadia Gaon. Sonner du shofar est principalement un appel à la repentance
  • Rosh hashanah 16a-b commente la raison pour sonner du shofar avant et pendant la amidah (assis et debout) : pour « confondre Satan ». Plus exactement la première série de sonnerie est celle qui accomplit la mitsvah sur le plan halakhique, ce sont les autres sonneries qui sont destinées à confondre Satan.[36] Selon une autre vue, celle du Ran, c’est la deuxième série qui accomplit la mitsvah, la première n’étant là que pour confondre le mauvais penchant.

— Dans le minhag traditionnel on ne sonne pas de shofar à shabbat, de peur d’aboutir à une transgression. Un commentaire explique que les deux appellations de Rosh hashanah sont dédiées à ces deux aspects, yom teru’ah quand le shofar est sonné, zikhron les jours où il n’est pas sonné ;

■ La amidah de mussaf  :

■ Elle comporte 9 bénédictions (structure 3 + 3 + 3) :

— Entre la deuxième et la troisième bénédiction sont ajoutés u-netaneh toqef, be-rosh ha-shanah et une qedushah augmentée du Keter.

— La 3ème bénédiction accueille veèkhol ma’aminim.

— La 4ème bénédiction est celle du seder malkhuyot et du grand aleynu.

— La 5ème accueille Le seder zikhronot.

— La 6ème est celle du seder shofarot.

■ Chacune des trois sections débute par une introduction (Aleynu est l’introduction aux malkhuyot) et se termine par une bénédiction.

La partie centrale de chaque section comporte dix versets, trois du Pentateuque, trois des prophètes et trois des hagiographes, et un dixième du pentateuque.

— Pourquoi ces dix versets ? Certains font le parallèle avec les dix halleluyah du psaume 150 ; les dix commandements pour d’autres, et selon d’autres encore les dix paroles par lesquelles le monde fut créé.

■ Les trois ordres (sedarim) liturgiques zikhronot, malkhuyot et shofarot :

■ Etudier cette idée du Sefer ha-ʻIqqarim selon laquelle les trois ordres (sedarim) liturgiques zikhronot, malkhuyot et shofarot reprennent, au milieu de la ʻAmidah de mussaf, les trois principes fondamentaux de la foi / Cf Sefer, I, 4.

— Les trois principes et les bénédictions de moussar :

Selon Albo lui-même, makhouyot, zikhronot et shofarot attirent notre attention sur ces trois principes.

■ U-netaneh toqef (p. 176) :

  • Prière instituée par Amnon de Mayence victime de la détestation du prêtre. Le récit nous apprend que l’évêque avait demandé qu’il se convertisse, R. Amnon, pour gagner du temps avait demandé à réfléchir trois jours. Se sentant coupable d’avoir trahi Dieu, il demanda à avoir la langue coupée ; furieux l’évêque aurait décidé de l’amputer.[37]
  • Un verset est particulièrement éloquent : ve-yikon be-ḥesed kisʼakha ve-teshev alav be-emet.
  1. Isaac de Berditchev en donnait l’explication suivante : lorsque Dieu juge son monde selon un principe de stricte justice, le décret peut être retourné par la teshuvah, la prière et la tsedaqqah, mais un tel jugement réversible ne peut mériter tout à fait le terme de « vérité ». Par contre, lorsque un ses décisions sont rendues selon un principe de ḥesed, elles sont éternelles et constituées par la « vérité ».

4.2.3 / Lectures de la Torah et de la haftarah :

La lecture de la Torah du premier jour (Gen. 21, 1-34) :

  • Thème du zikaron : selon TB R.H. 10b, Sarah, Rachel et Hannah donnèrent naissance le jour de Rosh ha-shanah. Thème du zikaron (paqad). Ainsi la section de la Torah à propos de Sarah, et la haftarah consacrée à Hannah.
  • On trouve une allusion à la repentance dans le verset consacré au fils d’Hagar, ba-asher hu-sham: la miséricorde de Dieu s’étend à l’homme tel qu’il est, même s’il est « destiné » à être un pécheur comme le fut Ismaël.

La lecture de la haftarah du premier jour (Sam. 1, 1 – 2, 10) :

  • On retrouve le thème du zikaron : cf. ci-dessus. Ainsi la section de la Torah à propos de sarah, et la haftarah consacrée à Hannah.

— De nombreuses lois sont tirées de la prière de Hannah, et il nous est rappelé ainsi l’importance de la prière et celle de Rosh ha-shanah en particulier.

Raisons pour la lecture de la Torah du deuxième jour(Gen. 22) :

— Le lien entre aqedat isaac et Rosh ha-shanah est ténu. Il repose seulement sur une mention en TB Rosh Ha-shanah 16a selon laquelle il y a un lien entre le shofar et les cornes du bélier qui fut sacrifié à la place d’Isaac lors de la aqedah[38]. Ce thème, du coup, est liée à la notion de zekhut avot, le « mérite » des pères », en ce sens que Dieu est dit se souvenir et tempérer sa stricte justice du fait de la loyauté d’Abraham et Isaac.

Raison pour la haftarah du second jour (Jer. 31, 1-19) :

— Jér. 31 : décrit l’ultime rédemption d’Israël. Le prophète nous assure que Dieu, ultimement, reviendra sur sa colère (Efraïm haʼim ha-ben yaqir li…), rassemblera les exilés et protègera son peuple de ses ennemis.

— Elle inclue un verset qui fait allusion au rôle de Jéroboam, de la tribu d’Ephraïm, qui a mené la sécession des dix tribus à l’encontre du royaume de Salomon.

De plus, elle mentionne Rachel et ses enfants. Or Rachel, nous le savons, a fait l’objet du « souvenir » de Dieu le jour de Rosh ha-Shanah.[39]

4.3 / Tashlikh :

  • Le nom de la cérémonie, tashlikh, est tiré du verset de Michée 7 : 19 : ve-tashlikh bimetsulot yam kol ‘hatotam.[40]
  • L’origine de la cérémonie est obscure. Ni le Talmud ni les geonim ni les rishonim ne le mentionnent. Le Shulkhan arukh ne le mentionne qu’une fois (chez le Rema) et il faut attendre le Maharil (Jacob ben Moïse Levi Moellin, 1365-1427 – rabbin de Mayence) pour une référence explicite : « Cette coutume, destinée à nous rappeler la aqedah, peut être probablement rattachée au midrash suivant : alors qu’Abraham et Isaac allaient leur chemin pour accomplir la aqedah, Satan s’opposa à eux sous la forme d’une rivière afin de les noyer.[41]»

C’est le Maharil qui, de même, mentionne le fait de ne pas amener des miettes de pains car elles nourriraient les poissons, désacralisant ainsi la fête par un acte de nourrir interdit. C’est sans doute la raison pour laquelle le rituel de tashlikh n’a pas lieu le shabbat.

  • Suite = cf. doc spécifique.

5 / Les pratiques de Rosh ha-shanah :

— Développer à partir de : Abraham P. Bloch, The Biblical and Historical Background of Jewish Customs and Ceremonies, Ktav, new York, 1980, p.149 sq.

Le rideau blanc :

Xxx

La pomme et le miel :

Xxx

Le rituel du shofar :

xxx

L’absolution des voeux :

Xxx

■ Les souhaits de nouvelle année :

Xxx

■ Visiter les tombes :

Xxx

■ Les kapparot :

xxx

6 / Le 3 tishri – le jeûne de Gedaliah :

  • Ce jeûne, tout comme celui du 9 av, fut institué moins d’un an après la destruction du temple.[42]

Gedaliah était un gouverneur nommé par Nabucchodonozor pour diriger une administration pro-babylonienne. Il établit ses quartiers à Mitzpah, une ville historique où se trouvait des lieux de mémoire.[43] De nombreux exilés restés en Palestine le rejoignirent, et il leur demanda de se saisir des propriétés laissés en déshérence ; Ezechiel s’opposa vivement à cette mesure.[44]

7 / Les dix jours de repentance :

— Développemnt = cf. Klein p. 206 sq. + Bloch p. 156.

8 / Shabbat shuvah :

  • Le shabbat est ainsi nommé car on y lit la haftarah de Osée 14, 2-10, qui commence par cette phrase.[45] D’autres autorités suggèrent que ce shabbat teshuvah est nommé ainsi parce qu’il a lieu pendant les asseret yemey ha-teshuvah.
  • De nos jours les versets de Michée sont ajoutés si la sidrah vayelekh est lue le shabbat shuvah, et les versets de Joël si la lecture est la sidrah ha’azinu.
  • A l’origine, les rabbins ne prêchaient qu’à pessah, lors du shabbat ha-gadol et shabbat shuvah.

Notes

[1] R. Isaac Klein, A Guide to Jewish Religious Practice, The Jewish Theological Seminary of America, New York & Jerusalem, 1992, p. 180.

[2] M. R. H. 1:2.

[3] Tosefta, R.H. 1:12.

[4] R.H. 16b.

[5] R. Isaac Klein, A Guide to Jewish Religious Practice, The Jewish Theological Seminary of America, New York & Jerusalem, 1992 , p. 176.

[6] Pirquey de rabbi Eliezer 46 ; Klein, p. 177.

[7] QSA, 128:2.

[8] Rabbi Nosson Scherman (ed.), Yom Kippur – Its Significance, Laws, and Prayers / A presentation Anthologized from Talmudic and Traditional Sources, Mesorah Publications, Brooklyn, N. Y., 1989, p. 45.

[9] H. Qioddush ha-‘hodesh, 7 :1 ; Rabbi Nosson Scherman (ed.), Yom Kippur – Its Significance, Laws, and Prayers / A presentation Anthologized from Talmudic and Traditional Sources, Mesorah Publications, Brooklyn, N. Y., 1989, p. 54.

[10] Klein, p. 179.

[11] Klein, p. 180.

[12] Klein, P. 180.

[13] R. H. 10b-12a.

[14] Rabbi Nosson Scherman (ed.), Yom Kippur – Its Significance, Laws, and Prayers / A presentation Anthologized from Talmudic and Traditional Sources, Mesorah Publications, Brooklyn, N. Y., 1989, p. 16.

[15] R.H. 111a ; Klein, p. 181.

[16] Abraham P. Bloch, The Biblical and Historical Background of Jewish Customs and Ceremonies, Ktav, New York, 1980, p.151.

[17] Neh. 8, 10.

[18] Nbr. 29, 1 ; Lev. 23, 24.

[19] B. S. Jacobson, Yamim Noraim. Days of Awe. Programme of Study and Analuysis of Sources, Sinai Publishing, Tel-Aviv, 1978 (édition originale : Tenu’at Torah Va’Avodah, Germany, 1936), p. 3.

[20] Abraham Bloch, The Biblical and Historical Background of the Jewish Holydays, Ktav Publishing House, New York, 1978, p. 23.

[21] R. H. 16a.

[22] Is. 58, 1.

[23] Abraham Bloch, The Biblical and Historical Background of the Jewish Holydays, Ktav Publishing House, New York, 1978, p.22.

[24] Abraham Bloch, The Biblical and Historical Background of the Jewish Holydays, Ktav Publishing House, New York, 1978, p.22.

[25] R. Yossef Carmel, yeshiva.org.il.

[26] RH 11a.

[27] Tanhuma, miqetz, 1.

[28] Gen. 40, 14.

[29] Sanh. 38b.

[30] Rabbi Nosson Scherman (ed.), Yom Kippur – Its Significance, Laws, and Prayers / A presentation Anthologized from Talmudic and Traditional Sources, Mesorah Publications, Brooklyn, N. Y., 1989, p. 58.

[31] Kaplan, The Meaning of God, p. 64 ; cite par Klein, p. 181-182.

[32] Pot’him shavu’ah, p. 34.

[33] Cf. Pierre-Marie Morel ; Pellegrin et Crubellier.

[34] Cf. Jonathan Sachs, Covenant & Conversation. A Weekly Reading of the Jewish Bible, Maggid Books & The Orthodox Union, London, Jerusalem, 2009, p. 6, n.4 ; Jerome Bruner, Actual Minds, Possible Worlds, Harvard University Press, Cambridge, M.A., 1986.

[35] Rabbi Nosson Scherman (ed.), Rosh Hashanah – Its Significance, Laws, and Prayers / A presentation Anthologized from Talmudic and Traditional Sources, Mesorah Publications, Brooklyn, N. Y., 1983, p. 69.

[36] Rabbi Nosson Scherman (ed.), Yom Kippur – Its Significance, Laws, and Prayers / A presentation Anthologized from Talmudic and Traditional Sources, Mesorah Publications, Brooklyn, N. Y., 1989, p. 63.

[37] Rabbi Nosson Scherman (ed.), Yom Kippur – Its Significance, Laws, and Prayers / A presentation Anthologized from Talmudic and Traditional Sources, Mesorah Publications, Brooklyn, N. Y., 1989, p. 70.

[38] Cf. Abraham P. Bloch, The Biblical and Historical Background of Jewish Customs and Ceremonies, Ktav, new York, 1980, p. 142.

[39] Tout comme Sarah et Hannah, selon TB Rosh ha-Shanah 10b et Megillah 31a.

[40] B. S. Jacobson, Yamim Noraim. Days of Awe. Programme of Study and Analuysis of Sources, Sinai Publishing, Tel-Aviv, 1978 (édition originale : Tenu’at Torah Va’Avodah, Germany, 1936), p. 54.

[41] Tan’huma sur Vayera ; B. S. Jacobson, Yamim Noraim. Days of Awe. Programme of Study and Analuysis of Sources, Sinai Publishing, Tel-Aviv, 1978 (édition originale : Tenu’at Torah Va’Avodah, Germany, 1936), p. 55.

[42] Abraham P. Bloch, The Biblical and Historical Background of Jewish Customs and Ceremonies, Ktav, new York, 1980, p. 346.

[43] Cf. neh. 41,5.

[44] Ezek. 33, 24.

[45] Klein, p. 206.

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